Cigare et sensations N°5 Jose Seijas, Hendrik Kelner, Carlito Fuente, Daniel Nuñez, Ernesto perez Carillo : Cinq Cigar masters Il y aura 10 ans en 2007, le boom américain du cigare qui bouleversa l’industrie cigarière dominicaine s’achevait brutalement comme sur un clic d’ordinateur en laissant des milliers de tabaqueros aux portes closes des fabriques et des centaines de paysans devenus planteurs à coups de dollars les bras chargés de tabacs subitement dévalués. Une catastrophe sociale et économique que la République Dominicaine subit de plein fouet. De ce désastre, résultat d’un délire spéculatif analogue à la « bulle » d’Internet, la vingtaine de fabricants de cigares qui existait auparavant et survécut, tira une nouvelle exigence de maîtrise et de qualité dont les effets se mesurent aujourd’hui. Approche d’un terroir en évolution permanente et de cinq des plus grands maestros du cigare dominicain. Chapô Comment un petit producteur d’Armagnac devient le roi des vins blancs festifs sur le plus grand vignoble familial de France ? La famille Grassa, née des amours en terre Gasconne de la petite fille d’un montreur d’ours et d’un fils de valet de ferme immigré d’Aragon produit chaque année sur le domaine du Tariquet plus de neuf millions de bouteilles. Vins « technologiques » pour les uns, vins de plaisir et de fête pour les autres, vifs, fruités, exubérants, accessibles et sans complexe assurément, ils sont plébiscités en France (50% des ventes) et dans 40 pays au monde. En vivant ces vendanges 2006 avec les Grassa, nous avons approché l’esprit Tariquet à l’œuvre d’abord dans la vigne puis dans le chai mais aussi dans la vente et la communication. Lorsqu’on appelle au Tariquet, cette voix directe et ensoleillée qui répond est celle d’Hélène Artaud Grassa. Octogénaire énergique, au fait de tout ce qui se passe au domaine bien qu’on « ne me dit jamais rien ! », Hélène est la fondatrice par son grand-père Jean-Pierre Artaud Juncquet, montreur d’ours natif de Cominac en Ariège qui entre deux exhibitions de ses bêtes sur les routes anglaises et américaines achète le domaine du Tariquet en 1909 à une époque ou les vignes dévastées par le phylloxéra ne valent rien. Il s’y installera quelques années plus tard avec ses quatre fils. La vie paysanne est dure et l’un des fils (Jean-Pierre Artaud) part faire barman dans un palace de New York où il rencontre et épouse Pauline Géraud, ariégeoise d’Ercé village voisin de Cominac ! La guerre de 14 arrive, Jean-Pierre revient combattre, s’en sort grand blessé, retourne à New York, puis décide de rentrer en 1924 et rachète à son père la ferme du Tariquet. Hélène naît dans ces murs et y passe son enfance. « Quand j’avais huit ans, je passais devant le Tariquet en gardant les vaches », se souvient Pierre Grassa, qui épousera Hélène en 1946. Hélène et Pierre qui feront du Tariquet une exploitation agricole florissante dotée d’un beau vignoble d’Armagnac, transmettent à deux de leur quatre enfants la passion exigeante de la vigne. « La truffe est noire. Mais ce n’est pas le noir de la mort car il est veiné du blanc de l’espoir. Elle exige le respect. C’est pourquoi je n’en fais qu’en saison (sauf pour le Parmentier de queue de bœuf où la truffe en conserve suffit). Par rapport à la truffe de Bourgogne ou à l’himalayenne, c’est un tout autre voyage : avec la noire, il faut rester noble et sobre. Moins on la cuit, meilleure elle est. Et il faut la protéger, la clouter (dans un riz de veau) ou la glisser sous la peau d’une volaille de Bresse par exemple. Mais elle vibrera, simplement escalopée sur un lit de pommes de terre… » Allons-nous entrer dans une ère de prohibition concernant l’usage du tabac ! Rien dans la constitution et notamment son préambule, la déclaration des droits de l’homme, article 4, ne l’autorise. C’est pourtant ce que tente d’imposer hypocritement le projet de décret fixant les nouvelles conditions d’application de la loi Evin. Ce texte rappelle le droit de fumer dans les cafés, bars, brasseries, restaurants et discothèques, mais fixe des règles draconiennes, rendant de fait impossible l’exercice de notre passion. La surface qui nous serait réservée ne devrait pas excéder 20% de la surface totale du lieu sans dépasser un maximum de 34 m2, en clair nous sommes invités à tenir nos réunions de club dans une cabine téléphonique. Adieu le droit de réunion. Les tenants de cet intégrisme liberticide parlent d’évolution moderniste. En plus de leur intolérance, ils font preuve d’ignorance car l’histoire du tabac est rythmée par une succession des cycles positifs, puis négatifs, puis à nouveau positifs. Les périodes de chasse aux sorcières apparaissent dans la durée comme autant de parenthèses. Permettez-moi quelques exemples. C’est en 1603 que Jacques 1er, roi d’Ecosse, puis d’Angleterre, publia son pamphlet « Counterblast of tobacco » dans lequel il assimile le tabac à une perte de temps et d’argent, un véritable cauchemar. Son fils, Charles 1er marche sur ses traces mais, pragmatique, crée le monopole et impose de lourdes taxes. Il meurt décapité en 1645. En Italie en 1624, le Pape Urbain VIII, dans une bulle pontificale, condamne l’usage du tabac. En 1690, nouvelle bulle par laquelle, Innocent le 11ème, excommunie les fumeurs. En 1724, soit 100 ans après la première bulle antitabac, Urbain XIII met fin à l’interdit. A partir du milieu du 18ème siècle, jusqu’au milieu du 20ème, soit pendant 2 siècles, le tabac est à la mode, et connaît un succès planétaire. C’est Hitler qui le premier dans l’histoire récente, déclare la guerre au tabac. Charles de Gaulle, à la libération rend au tabac, ses lettres de noblesse en attribuant aux femmes, pour les récompenser des efforts fournis pour remplacer les hommes en captivité ou disparus, le droit à la ration de tabac. Que reste-il de l’héritage gaulliste avec un président fumeur compulsif repenti, qui nous a déclaré la guerre, si ce n’est le droit de résister. Le projet de décret est illégal et privatif des libertés individuelles, il nous faut donc le combattre. Michel BURTON Coordinateur du Collectif des amoureux de l’art de vivre. Le Cigare du Père Noël Noël arrive et avec lui la réjouissante perspective de quelques banquets familiaux et amicaux qui ne sauraient exister sans bonne chère, beaux flacons et bons cigares. N’en déplaisent aux tristes qui voudraient nous imposer leur hypocondre, hypocrite et lucrative santé, ce Noël en chair, liquide et fumée ne sera pas notre dernier. Car le Père Noël est de notre côté ! Il fume le cigare et ne boude pas l’insolence. Quelques crayons des mieux affûtés, amateurs de cigare et de liberté nous en administrent la preuve dans ce petit portfolio d’anthologie qui restitue à la guerre nécessaire et toujours à faire contre les censeurs, son arme majeure : le rire.
Dans sa petite maison entourée de vignes, en lisière du village de Dizy situé au pied de la côte des Noirs (leterroir de la grande vallée de la Marne dédié au pinotnoir) entre Hautvillers et Ay, Christian Mollier savoure sa retraite en regardant fleurir le vignoble quand il ne fait pas sauter sur ses genoux son petit-fils francocubain. La vigne champenoise, qu’elle soit de Grand Cru, de Premier Cru ou simple cru champenois, de la montagne de Reims, de la vallée de la Marne ou de la côte des Blancs, il l’a regardée, inspectée, touchée, respectée et servie durant plus de 40 ans. Car, avec son épouse (le quotidien L’Union de Reims les baptisa “Pierre et Marie Curie de la Champagne”), ils animaient ce qui fut le premier laboratoire volant d’oenologie au service de centaines de petits récoltants-manipulants désireux de comprendre et de parfaire leurs vinifications et leurs vins. De ces anciens clients et amis, la plupart ont passé la main à leurs enfants qui n’hésitent pas à prendre l’avis de Christian s’ils rencontrent un problème ou à l’inviter aux dégustations des vins clairs à l’époque cruciale des assemblages (au début de l’année). C’est chez trois d’entre eux qu’il nous emmène. Il serait plus utile d’éduquer les parents pour qu’ils évitent de fumer chez eux en présence des enfants qui deviennent des consommateurs passifs dès leur plus jeune âge — lorsqu’ils sont les plus fragiles — et reproduisent très souvent le modèle de leurs parents, plutôt que d’empêcher les gens de fumer dans les lieux de convivialité que sont les bars ou restaurants ! Le Trofeo Habanos Armagnac Créé à l’initiative de Habanos SA et du Bureau National de l’Armagnac, le Trofeo Habanos Armagnac est un concours d’alliances gustatives dont la finale se tient chaque année à la Havane durant le Festival del Habano. Une quinzaine de producteurs d’Armagnac y participent qui présentent leurs vieilles eaux de vie selon 2 catégories : Assemblages et Millésime. Les Armagnac sont dégustés avec un cigare différent selon la catégorie par des jurys de journalistes et de professionnels du cigare, puis en finale par le public international du Festival del habano. Le but est de juger de la plus belle alliance gustative. Les deux cigares différents proposés par Habanos pour le concours dans chacune des deux catégories ne sont pas identifiés et sont les mêmes qui sont proposés jusqu’à la finale. Leur identité est révélée avec le résultat du Trofeo. Lors de la première édition en mars 2006, le millésime 1974 du Château Busca-Maniban emportait le Trofeo en catégorie millésime avec un Cohiba esplendidos, tandis qu’en catégorie Assemblage c’est le Légendaire de Tariquet qui l’emportait avec un Churchill de Romeo y Julieta.
Deuxième Edition du Trofeo Habanos Armagnac La première épreuve de la seconde édition du Trofeo Habanos Armagnac s’est déroulée au restaurant fumoir le Pavillon Baltard (rue Coquillère) à Paris. Un jury d’une trentaine de journalistes a dégusté sur 2 round plus de 20 eaux de vies différentes avec 2 cigares habanos de module double corona. Les maisons d’Armagnac représentées étaient : Château Busca-Maniban - Armagnac Delord - Château du Prada - Château de Briat - Armagnac Jean Cavé - Bas Armagnac Château Laballe - Bas Armagnac Dartigalongue - Domaine de Joÿ - Château du Tariquet - Château de Pellehaut - Armagnac Castarède - Veuve Lafontan et ses enfants - Baron de Sigognac - Domaine de Boingnères. Huit d’entre ces maisons furent sélectionnées pour participer à la demi finale à la Havane le 5 mars dans le cadre du 9ème Festival del Habano.
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